Le temps d’ouvrir l’appartement et déjà Charles la plaquait au mur pour lui arracher ses vêtements. Jamais
réconciliation n’ avait été aussi frénétique, aussi passionnée. Ramsès, réveillé par leur arrivée suivit, avec peine, la piste des vêtements. Mais, outré par
les bruits incongrus qui sortaient de la chambre sa maîtresse, il se drapa dans sa fierté de persan et s’éloigna dignement de cette agitation, et de ces odeurs de phéromones, détestables pour un
chat castré.
Leurs corps en sueur s’entremêlaient, se collaient, se pénétraient. des vagues de plaisirs les noyaient. ils
sombraient dans les zones les plus profondes et les plus obscures du désir. ils suffoquaient, leur rythme cardiaque aurait fait exploser un stéthoscope.
A bout de souffle, exténués, vidés de toute leur énergie, leurs voix s’unirent dans un ultime cri de plaisir
orgasmique ressemblant étrangement à d’un hurlement mortel.
Charles contemplait son reflet dans le miroir de la salle de bains le sourire au lèvres. il était plutôt satisfait
de son rasage. depuis des années il utilisait un rasoir à main pour la précision et la netteté du résultat. il frisait la compulsion pour ce qui était de son physique, son
apparence.
Un nuage d’après rasage et il enfila une chemise parfaitement repassée.
Ah ! Quelle nuit. Kim s’était vraiment surpassée en sensualité. Elle reposait sur le lit, splendide dans sa
nudité, dans une attitude lascive qu’il affectionnait particulièrement. Il s’approcha du lit et s’assit pour la regarder. sans ses lentilles l’image de kim était un peu floue bien sûr mais
il connaissait chaque trait de son visage, chaque ligne de son corps. en fait, Kim était la seule femme qui remplissait sa vie, son esprit, son être, son amour pour elle était comme une prison
vivante dont il ne pouvait s’évader. il se pencha vers elle et lui murmura à l’oreille « dis Kim tu veux bien m’embrasser ? »
Le silence de Km lui procura un regain de plaisir, il sourit et se dirigea vers la porte d’un pas décidé,
heureux.
Le champ libre, Ramsès en profita pour se hisser sur le lit près de sa maîtresse. surpris par la froideur de son
corps, il renifla le visage de Kim. une longue balafre fendait sa gorge comme un sourire. un liquide chaud et âcre s’était écoulé de la plaie béante
que Ramsès lécha
consciencieusement. Fatigué, il s’assoupit roulé en boule contre le flan de sa maîtresse chérie pour
la réchauffer jusqu’à ce qu’elle se réveille…
(fin)
Chuchotements